La vulnérabilité: une boussole pour vivre les fêtes à ta façon
- Patricia Ferrante
- 18 déc. 2025
- 3 min de lecture

Décembre arrive avec ses lumières, ses vitrines scintillantes et cette injonction silencieuse : être joyeux, entouré, reconnaissant.
Et pourtant… à l’intérieur, c’est parfois tout l’inverse. Une fatigue physique et émotionnelle. Une tristesse diffuse. Un tiraillement que personne ne voit.
Si tu es en deuil, Noël n’est sans doute pas une parenthèse enchantée.
Noël, ce moment où l’absence brille plus que les guirlandes
Selon l’American Psychological Association, près de 4 personnes endeuillées sur 10 ressentent une intensification de leur détresse émotionnelle pendant les fêtes. Pas parce qu’elles “replongent”, mais parce que Noël appuie exactement là où ça fait mal : l’absence, la comparaison avec “avant”, la chaise vide à table.
Et pourtant, plus de 70 % d’entre elles disent faire comme si tout allait bien, pour ne pas gâcher l’ambiance, pour ne pas déranger, pour rester “à la hauteur”.
C’est là que la confusion commence : on appelle ça de la force, alors que c’est souvent de l’oubli de soi.
Et si la vulnérabilité était une boussole ?
On a appris à voir la vulnérabilité comme une faille. En réalité, c’est une capacité de perception fine.
Être vulnérable,
C’est sentir quand quelque chose sonne faux.
C’est reconnaître que certaines traditions épuisent plus qu’elles ne réchauffent.
C’est entendre ce petit non intérieur face aux injonctions des autres à « ne pas en parler », à « ne pas prononcer son nom ».
C’est comprendre que peut-être, c’est tout l’inverse qui fait du bien.
C’est arrêter de contenir ce qui gronde à l’intérieur et parler, dire, pleurer, sécher ses larmes et continuer.
La vulnérabilité, quand on l’écoute, devient une force de discernement.
Un signal de justesse,
qui nous éclaire sur nos besoins et nos ressources.
Ambivalence, quand tu nous tient ! : vouloir être avec les autres… et vouloir être seul
Beaucoup de personnes en deuil vivent une tension très particulière à Noël : l’envie d’être entourées et, en même temps, le besoin irrépressible de solitude.
Tu veux voir les autres, mais pas trop longtemps.Tu veux partager un moment, mais sans devoir sourire.
Tu veux prononcer le nom de ton proche , mais tu sens que « ça dérange ».
Tu veux être là… tout en rêvant d’être ailleurs.
Cette ambivalence n’est pas un problème à résoudre.
C’est un équilibre à ajuster.
Et parfois, la solution n’est ni le “tout” ni le “rien”, mais le juste assez :
Passer pour l’apéro ou le dessert.
Venir un autre jour.
Créer un Noël plus court, plus simple.
Et ce « juste assez » peut-être expliqué à son entourage qui devine rarement ce que tu ressens et encore moins tes besoins.
Faire Noël à ta façon
Faire Noël à ta manière, ce n’est pas renoncer aux autres.
C’est te choisir.
C’est accepter que :
Ta présence soit différente.
Ton énergie limitée.
Ton cœur ait besoin de douceur plutôt que de bruit et d’agitation extérieure (ou l’inverse peut-être).
Oser dire « cette année, je fais autrement » demande du courage émotionnel. Et ce courage-là naît précisément de la vulnérabilité.
Peut-être que cette année tu auras envie :
De trinquer en l’honneur de ton proche.
De regarder des photos, d’allumer une bougie, de passer dans un lieu qui te rapproche de lui, de cuisiner un plat qu’il aimait ou que vous partagiez avec plaisir, d’écouter une chanson qui te le appelle, etc.
De cocooner.
De l’inviter à ta manière.
Par exemple, une de mes amies à frotter 3 pièces d’argenterie transmises par sa maman. Elle les a ensuite déposer sur la table où la famille se réunira pour Noël et les as rempli de jolies fleurs. Sa manière d’intégrer sa maman à la fête et d’honorer sa lignée.
Trois questions pour t’écouter vraiment :
Avant de décider comment tu passeras les fêtes, prends un moment et demande-toi :
De quoi ai-je réellement besoin cette année ?
Qu’est-ce qui m’épuise rien que d’y penser ?
Quel petit ajustement pourrait rendre Noël plus supportable… voire plus juste ?
Pas pour faire plaisir.
Pas pour rassurer.
Pour respecter ce qui est vivant en toi.
En conclusion
Noël ne mesure ni ton amour, ni ta solidité, ni ton “avancement” dans le deuil. Il révèle simplement ton besoin de vérité intérieure.
Et parfois, la plus grande force n’est pas de tenir.
C’est s’autoriser à être fidèle à soi.
Si cette année, tu choisis un Noël plus doux, plus lent, plus silencieux…
Alors tu ne fuis pas la vie.
Tu l’honores.




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